
Introduction
Après un kick-off meeting réussi, les bases de la collaboration sont posées. L’équipe est prête à passer à l’action avec l’énergie nécessaire pour que le tout soit supérieur à la somme des parties.
Il s’agit ensuite — comme je l’écrivais dans De l’Art et de l’importance du kick-off meeting — d’entretenir la confiance et la dynamique créée, en les améliorant continuellement.
« Se réunir est un début ; rester ensemble est un progrès ; travailler ensemble est la réussite. » — H. Ford
Le cheminement de la réussite consiste à passer d’une confiance a priori (fragile, car sans bases objectives) à une confiance a posteriori (fondée sur le constat que l’on fonctionne bien ensemble et que chacun est à la bonne place).
Un contexte très concret (janvier 2020 – juillet 2021)
C’est ce cheminement que j’ai essayé d’emprunter entre janvier 2020 et juillet 2021. Je pilotais alors une équipe d’une demi-douzaine de consultants sur un vaste programme multi-pays, et le premier confinement nous a contraints à nous adapter.
Nous commencions tout juste le programme et venions de faire notre kick-off meeting entre consultants. Le passage en 100 % distanciel après un démarrage en douceur — en open space sur un plateau dédié — nous a conduits à institutionnaliser immédiatement un morning meeting quotidien : tous les matins, 9h – 9h30.
Ce rituel a duré 18 mois et a joué un rôle primordial dans le continuum de la confiance de notre groupe.
Le morning meeting : un rituel pour créer un collectif, pas un contrôle
Progressivement, nos rapports ont changé. Chaque jour, chacun se sentait plus libre de s’exprimer en confiance et avec assertivité. Initialement, l’objectif était de lancer la journée avec la Directrice de programme et de partager la “to do list”.
Au fil du temps, les ordres du jour sont devenus naturels, et parfois ont laissé place à des échanges extra-professionnels : événements de vie des uns et des autres, confinements successifs, décisions gouvernementales, actualité…
Cela n’a été possible que parce que l’esprit de ce morning meeting était clair : créer un collectif à distance, et surtout ne pas vérifier la disponibilité ou l’implication de l’équipe.
- La participation était libre : si une contrainte personnelle ou professionnelle empêchait un membre d’être présent, personne ne lui en tenait rigueur.
- Si nous nous étions vus la veille en fin d’après-midi, nous pouvions convenir collectivement de l’annuler.
- Il arrivait qu’au bout d’un quart d’heure, nous décidions que nous avions fait le tour ; à l’inverse, certaines fois, nous débordions amplement.
Quand la confiance s’installe (sans qu’on s’en rende compte)
À ce jour, je ne sais dire si cela s’est joué au bout du 20e ou du 200e rendez-vous, mais, sans que nous ne nous en rendions compte, la confiance s’est installée.
Et avec la confiance, la bienveillance mutuelle s’est invitée, revitalisant les relations interpersonnelles. La “to do list”, toujours présente, a souvent laissé une large place à des “tout doux listes” : félicitations et remerciements croisés, rires, congratulations autour de réussites de plus ou moins grande importance.
Quand nous avons, d’un commun accord, décidé en toute fin de programme que ce rituel n’avait plus lieu d’être, je crois que nous avons tous été touchés d’une légère tristesse.
Conclusion
Finalement, c’est grâce au confinement et à l’éloignement physique que nous avons mis en place cette pratique. Elle reste, je pense, un moyen très efficace pour installer, petit à petit, puis solidifier le continuum de la confiance.
Olivier Métellus
Notes
[1] Confiance et leadership — Ali Armand, ESF, 2016
[2] Référence : Pascale Venara – Executive Coach & Supervisor
Pour aller plus loin
- Lire l’article sur linkedIn (pour voir commentaires, réactions et version en anglais)
- De l’Art et de l’importance du kick-off meeting
- Auditer, c’est travailler la confiance