J’ai eu le plaisir d’assister au Musée du quai Branly – Jacques Chirac à l’avant-première de Dodji, l’archet Vodun, un film d’Amaury Voslion, présenté en présence du réalisateur et du musicien Thomas Dodji Kpadé. Ce moment s’inscrivait dans un cadre particulièrement juste : un lieu où les questions de mémoire, de transmission et de circulation des imaginaires trouvent naturellement leur place.
Ce film m’a frappé par sa sincérité et par son intensité. À travers le vodun, la figure de Papa Legba, l’histoire familiale et une quête d’identité profondément incarnée, il ouvre bien davantage qu’un récit personnel : il fait sentir des passages entre les mondes, entre les mémoires, entre les héritages.
Impossible, pour moi, de ne pas penser à Haïti. Impossible aussi de ne pas retrouver, en filigrane, cette continuité profonde entre Haïti et le Bénin, au-delà de l’histoire seule. Le film touche à quelque chose d’essentiel : ce qui relie, ce qui demeure, ce qui se transmet.
J’ai été heureux également de voir Thomas Dodji Kpadé porter une œuvre aussi personnelle et exigeante. La réaction de la salle à l’issue de la projection disait d’ailleurs beaucoup : quelques longues econdes d’applaudissements suffisaient à mesurer la force du moment.
Dodji, l’archet Vodun laisse une impression durable : celle d’une œuvre courageuse, habitée, et nécessaire.
