À travers le roman de Thélyson Orélien, sélectionné pour le Prix Goncourt 2026, une question posée autrefois à mon père, Jean Métellus, revient avec une force particulière : pourquoi avait-il dû quitter Haïti pour venir en France ?
« Pourquoi, Papa, tu es venu en France ? »
Cette question, mes frères et moi l’avions posée à notre père.
Bien des années plus tard, le titre du roman de Thélyson Orélien est venu donner à sa réponse une force saisissante : « C’était ça ou mourir ».
Publié en France par les Éditions Grasset, ce roman figurait, au moment de cette publication, dans la première sélection du Prix Goncourt 2026.

Il raconte l’histoire de Jonas Dorléon, professeur d’histoire contraint de fuir Haïti après l’embrasement de son quartier. Commence alors un parcours d’exil au cours duquel partir ne représente plus véritablement un choix, mais une condition pour rester vivant.
Deux époques, deux histoires
En 1959, notre père, Jean Métellus, qui avait lui aussi enseigné en Haïti, quittait son pays sous la dictature de François Duvalier.
Le roman de Thélyson Orélien ne raconte évidemment pas l’histoire de Jean Métellus. Les époques, les circonstances et les parcours sont différents.
Pourtant, lorsque nous avons parlé de ce livre, mon frère Jean-Jacques Métellus m’a dit :
« C’est exactement ce que nous disait Papa. »
Deux époques. Deux histoires différentes. Mais, dans les deux cas, une même alternative :
« C’était ça ou mourir. »

Quitter Haïti sans qu’Haïti vous quitte
Jean-Jacques a consacré à notre père une chanson intitulée « Jean Métellus : Haïti ne m’a jamais quitté ».
Cette phrase dit beaucoup de ce que fut la vie et l’œuvre de Jean Métellus.
Il avait quitté Haïti, mais Haïti ne l’a jamais quitté. Médecin, neurologue, linguiste, poète, romancier et dramaturge, il passa sa vie à écrire son pays, sa mémoire, ses blessures et ses espérances.
L’exil éloigne d’une terre. L’écriture permet parfois de continuer à l’habiter.
Une nouvelle voix haïtienne
La présence de « C’était ça ou mourir » dans la première sélection du Prix Goncourt 2026 marque une reconnaissance importante pour Thélyson Orélien et, plus largement, pour cette littérature haïtienne qui porte au-delà des frontières l’histoire, les épreuves et la vitalité d’un peuple.
L’Association des Amis de Jean Métellus a souhaité relayer cette publication en rappelant ce qui unit ces deux trajectoires :
« Deux générations, deux histoires, mais une même nécessité : partir pour rester vivant, sans jamais cesser d’habiter Haïti par la mémoire et l’écriture. »
Il existe des départs qui sauvent une vie.
Et des livres qui empêchent un pays de vous quitter tout à fait.
Bonne route à « C’était ça ou mourir » dans l’aventure du Prix Goncourt.
Et surtout : lisez Thélyson Orélien.
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Ce texte reprend et prolonge une publication parue sur LinkedIn le 21 septembre 2026, puis relayée par l’Association des Amis de Jean Métellus.
