La mémoire

Présider l’AAJM, c’est d’abord assumer une responsabilité de mémoire : inventorier, classer, préserver, rendre accessible. Le partenariat avec l’IMEC (Institut de Mémoire de l’Ecriture Contemporaine) s’inscrit dans cette exigence patrimoniale : le fonds Jean Métellus y est archivé et mis à disposition des chercheurs.
C’est aussi pour cela que j’ai accepté le secrétariat général de la Nouvelle Pléiade, je reste attentif aux formes d’engagement qui consolident, humblement, les conditions de la transmission : une association, un secrétariat, un collectif éditorial — tout ce qui, sans bruit, permet à des textes d’être portés, lus, et partagés.

Mais cette mémoire n’a de sens que si elle devient culture partagée. En dix ans, l’AAJM a porté une programmation continue de lectures, conférences, débats et rencontres ; elle a fait dialoguer littérature et médecine, Caraïbes et citoyenneté, Poésie et sciences, l’art pictural et l’art littéraire.

La culture partagée

La mémoire devient responsabilité lorsqu’elle s’énonce et se partage : introductions d’événements, hommages en médias (TV, radio), présentations thématiques.

Ces prises de parole ne “commentent” pas seulement : elles l’installent dans le présent, auprès de publics variés, dans l’espace francophone.

J’ai choisi des formats inclusifs et des alliances concrètes : Prix Jean Métellus (réservé aux haïtiens vivant en Haïti), cycles de rencontres (à la Maison de l’Amérique Latine par exemple) et partenariats, événement interprété en LSF à Bonneuil dans la cadre du concours de poésie Jean Métellus organisé par la ville, ancrage universitaire, circulation internationale

Enfin, il y a une responsabilité plus directement humaine : soutenir les jeunes trajectoires. L’accueil d’étudiants haïtiens en médecine, rendu possible par un accord CORPUHA–APHM–AAJM signé à l’Ambassade d’Haïti (27 mai 2022), puis le stage de dix-huit étudiants à Marseille à l’été 2022, en est un exemple fort : une francophonie qui se prouve par la solidarité et la transmission des savoirs.

C’est cela, au fond, que je veux incarner : une mémoire vivante et une action concrète — fidèle au passé, mais tournée vers l’avenir et ce qui grandit.

Mes anciens écrits et interviews sur le métissage (culturel, historique, artistique) ou mes plus récentes interviews autour de l’excellence éclairent une idée centrale : la mémoire ne vaut que si elle circule, si elle relie, et si elle crée du commun. La culture devient alors responsabilité : transmettre sans figer, ouvrir des passerelles, et donner à des parcours singuliers une portée qui dépasse l’anecdote.

Pour aller plus loin