Mémoire, littérature, initiatives culturelles et responsabilité de transmission.
En bref, cette section rassemble ce qui, pour moi, ne relève ni d’un “à-côté”, ni d’un registre séparé, mais d’un même fil : recevoir, tenir, transmettre. Elle s’ouvre sur une histoire — celle d’un héritage familial et intellectuel — mais elle va au-delà : elle interroge les valeurs que l’on choisit d’honorer, les engagements qu’elles appellent et la manière dont une mémoire devient une responsabilité partagée, au présent.
D’abord, il y a la transmission au sens le plus concret : faire vivre une œuvre, préserver des archives, susciter des lectures, mettre en relation des voix. L’Association des Amis de Jean Métellus (AAJM), fondée en 2014, répond à cette exigence : assurer une continuité, non par le culte, mais par la présence — livres, rencontres, prix, partenariats, et circulation des textes dans l’espace francophone.
Dans le même esprit, je m’engage aussi dans la vie littéraire et associative lorsque l’on me propose d’y prendre part : à la demande de Sylvestre Clancier, j’assure aujourd’hui le secrétariat général de la Nouvelle Pléiade, comme un prolongement naturel de cette logique de transmission.
Ensuite, il y a les valeurs héritées — dignité, rigueur, fidélité, sens du service, attention à autrui — qui ne sont pas des mots mais des règles de conduite. Elles façonnent une manière de travailler, de décider, de servir une cause sans tapage et d’agir avec constance. Cette part là est moins visible, mais elle est déterminante : elle explique la manière dont je conçois l’engagement, la loyauté aux personnes et la place donnée à la parole, à l’effort et à la transmission.
Enfin, il y a une conviction : la culture n’est pas seulement un patrimoine, elle est une responsabilité civique. Préserver une œuvre et l’ouvrir, c’est contribuer à une communauté de langue et de sens ; c’est soutenir des passerelles entre Haïti, la France et l’ensemble francophone ; c’est aussi créer des occasions concrètes — pour des jeunes, des étudiants, des lecteurs, des chercheurs — de se former, de se rencontrer, d’oser.
Dans cette perspective, je crois aux engagements qui font circuler les textes, qui relient des générations et qui donnent à la littérature un cadre durable : mémoire, culture et responsabilité ne s’opposent pas, elles se répondent.

Rencontre et échanges — au fil des initiatives culturelles
Repères & actions
Une sélection de repères pour explorer mes actions ou contributions
Prix & Concours Jean Métellus
Le prix littéraire Jean Métellus réservé au haïtiens vivant en Haïti
Le concours de Poésie Jean Métellus de la ville de Bonneuil-Sur-Marne
Cycle IA et littérature
Une première rencontre à la Maison de l’Amérique Latine, suivie d’échanges et de réflexions.
Repères : Hugo, Descartes… et une même exigence : relier mémoire, langage et responsabilité.
Rencontres et diffusions publiques
Cycle de lectures et conférences à la Maison de l’Amérique Latine, Théâtre et lectures (Musée du quai Branly, Musée International d’Art Naïf)
Actions de transmission transfrontalières
Mise en place de partenariats et de ponts culturels : exemples à l’île Maurice et au Bénin
Diplomatie culturelle – accueil & coordination
J’accompagne des acteurs francophones de passage en France (auteurs, intervenants, lauréats, coordinateurs associatifs) : programmation d’interventions, mise en relation, appui logistique et visibilité.
Un rôle de relais, au service de rencontres utiles et d’une francophonie vivante.
Récit
Trois textes courts pour comprendre le fil : héritage, valeurs, responsabilité.
Une histoire de transmission
En octobre 2014, quelques mois après la disparition de mon père, Jean Métellus, nous avons fondé l’Association des Amis de Jean Métellus (AAJM). À l’origine, il y avait une évidence : préserver une œuvre, mais surtout la faire vivre. Né à Jacmel et profondément nourri d’Haïti, Jean Métellus a ensuite écrit son œuvre en France, dans cette traversée de l’Atlantique où les langues, les mémoires et les cultures se répondent. Médecine, linguistique, poésie, théâtre, romans et essais : par sa langue et son souffle, cette œuvre appartient à la francophonie entière
Valeurs héritées et engagements
De mon père, je retiens une manière d’être au monde : une curiosité d’esprit qui ne craint pas les frontières, une exigence intellectuelle qui oblige à travailler juste, la conviction que le dialogue entre arts et savoirs éclaire la condition humaine, et une certaine idée de la dignité — celle qui refuse d’abaisser, d’exclure ou de réduire l’autre. Mes articles et entretiens consacrés aux figures du métissage dans les années 2000, évoqués précédemment et disponibles dans mes contributions, relèvent d’une exigence héritée
Mémoire, culture, responsabilité
Présider l’AAJM, c’est d’abord assumer une responsabilité de mémoire : inventorier, classer, préserver, rendre accessible. Le partenariat avec l’IMEC (Institut de Mémoire de l’Ecriture Contemporaine) s’inscrit dans cette exigence patrimoniale : le fonds Jean Métellus y est archivé et mis à disposition des chercheurs. Mais cette mémoire n’a de sens que si elle devient culture partagée.