L’historique

En octobre 2014, quelques mois après la disparition de mon père, Jean Métellus, nous avons fondé l’Association des Amis de Jean Métellus (AAJM). À l’origine, il y avait une évidence : préserver une œuvre, mais surtout la faire vivre. Né à Jacmel et profondément nourri d’Haïti, Jean Métellus a ensuite écrit son œuvre en France, dans cette traversée de l’Atlantique où les langues, les mémoires et les cultures se répondent.

Médecine, linguistique, poésie, théâtre, romans et essais : par sa langue et son souffle, cette œuvre appartient à la francophonie entière.

Cette fondation, je l’ai portée avec mes frères Jean-Jacques et Philippe, et avec ma mère Anne-Marie Métellus, cofondatrice, dont la présence a donné à l’AAJM sa tenue, sa chaleur et sa fidélité. Son décès en décembre 2024 a conduit à une évolution du bureau ; son esprit demeure, discrètement, dans notre manière d’agir.

À nos côtés depuis le premier jour, Claude Mouchard, ami intime de mon père, professeur émérite, spécialiste et passeur de son œuvre, incarne une continuité précieuse : il relie la mémoire des textes à leur lecture d’aujourd’hui.

Une transmission en continu

Chaque année, lors des Après-midis Jean Métellus, une même invitation ouvre la rencontre. Elle commence par cette “boussole” — une phrase qui dit l’essentiel

Je voudrais qu’on retienne cette curiosité d’esprit qui m’a fait parcourir plusieurs sentiers de l’activité littéraire et scientifique, cette tension perpétuelle entre la création, la compréhension, l’observation, l’exercice de la profession médicale, l’enseignement de la linguistique normale et de la pathologie du langage, bref mon engagement dans la vie intellectuelle à plusieurs niveaux.

Jean Métellus

C’est cette curiosité, et cette exigence, que je cherche à transmettre : non comme un monument, mais comme une force en mouvement.

Avant même l’AAJM, j’ai consacré plusieurs textes et entretiens aux figures du métissage (culturel, historique, artistique), notamment dans le magazine Esprit Métis et à travers une série d’interviews. Ce travail d’écriture a nourri une conviction qui traverse aujourd’hui l’action de l’AAJM : la transmission se construit par des passerelles, des récits et des voix.
Plus récemment, à la demande de Sylvestre Clancier, j’ai accepté de contribuer à une nouvelle ouverture associative en assurant le secrétariat général de la Nouvelle Pléiade, dans le même esprit de service et de continuité.

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