À Saint-Denis, une journée pour faire vivre la mémoire d’Haïti

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Olivier Métellus et Maxime Dumont à la table de l’intervention, devant le public de Cultures solidaires à Saint-Denis.

17 octobre 2026 — Bourse du travail de Saint-Denis — Journée Cultures solidaires

À Saint-Denis, j’ai retrouvé ce qui donne son sens à une rencontre culturelle : des textes que l’on partage, des personnes qui se parlent et une histoire qui continue de nous interroger. Organisée par le Mouvement Social Haïtien (MoSHa), la Journée Cultures solidaires a réuni ces dimensions dans un même lieu, entre interventions, livres, créations et échanges.

Un travail de mémoire à saluer

Je tiens d’abord à remercier Jolena Innocent, Jean Muller Durand et toute l’équipe du MoSHa. Leur accueil et leur engagement ont permis cette rencontre. Il me semble essentiel de nommer celles et ceux qui rendent ces moments possibles : derrière une journée ouverte au public, il y a une volonté de réunir et de transmettre.

J’ai particulièrement apprécié leur document Jean-Jacques Dessalines — Ses paroles, un héritage pour aujourd’hui. Ses quatorze encadrés invitent à revenir aux paroles de Dessalines et à réfléchir à ce qu’elles peuvent encore nous transmettre. Ce support donne à la commémoration une suite : on peut l’emporter, le relire, en discuter. La mémoire devient ainsi matière à conversation.

Portrait collectif à la Journée Cultures solidaires, à Saint-Denis, le 17 octobre 2026.
Un souvenir collectif de la journée — photographie originale transmise par Laurie Pierre.

Dessalines, Jean Métellus et le geste de Défilée

Le 17 octobre 2026 marquait les 220 ans de l’assassinat de Jean-Jacques Dessalines. Avec Maxime Dumont, j’ai participé à cette journée au nom de l’Association des Amis de Jean Métellus. Notre intervention a rapproché l’histoire de Dessalines et l’œuvre de Jean Métellus, pour faire entendre ce que la littérature apporte à la transmission d’une mémoire.

J’ai eu le bonheur de partager ce moment avec Maxime. Sa lecture de Défilée la folle a donné une place centrale à cette femme qui recueillit la dépouille de Dessalines. Le poème nous ramène à son geste : prendre soin de celui dont le corps a été abandonné, lui rendre sa dignité. À côté de la grande figure historique, une femme du peuple devient porteuse d’humanité.

C’est aussi cela que je souhaite transmettre à travers l’œuvre de Jean Métellus : une attention aux êtres, à leurs blessures et à leur force. Merci, Maxime, d’avoir prêté ta voix à ce texte. Le faire entendre ensemble, dans ce cadre associatif, prolonge le lien entre une œuvre et les personnes auxquelles elle s’adresse.

Des rencontres qui prolongent les textes

Je remercie Pascal Philibert pour la présentation attentive et chaleureuse de notre intervention. Merci également à Laurie Pierre d’avoir accepté mon invitation, pour sa présence et pour ses publications qui prolongent le souvenir de cette journée. Je suis heureux de retrouver, dans la photographie collective qu’elle m’a transmise, cette dimension partagée.

Portrait à deux auprès d’un stand lors de Cultures solidaires, à Saint-Denis.
Une rencontre auprès des stands, Gilmène, le 17 octobre 2026.

Les conversations auprès des stands, les livres présentés et le travail des exposants participent eux aussi à cette circulation. Chacun apporte une manière de raconter, de créer ou de faire découvrir. Je remercie les bénévoles, les exposants et le public pour ces échanges, qui donnent un visage concret au mot solidarité.

Livres consacrés à Haïti, à Dessalines et aux cultures africaines sur une table de la manifestation.
Des livres pour poursuivre la découverte et la transmission.
Stand de produits et exposantes, décoré de drapeaux haïtiens, à la Journée Cultures solidaires.
Les stands et leurs exposants, au cœur de Cultures solidaires.

Transmettre, à plusieurs

Je garde de Saint-Denis des voix, des visages et le plaisir d’avoir partagé des textes qui comptent. La transmission du patrimoine haïtien repose sur les œuvres, sur celles et ceux qui les font entendre, sur les associations et sur les personnes qui les réunissent. Cette journée en a donné une belle illustration : faire vivre une mémoire est un travail collectif, à poursuivre dans les rencontres comme dans les livres.